Les gribouilles « De plumes et d’acier » Comme un lourdeau …

Jean FERRAT chantait, il y a quelques années … « Je me sens pareil au premier « lourdeau » qu’encore émerveille le chant des oiseaux… »

Moi, je suis du clan des « lourdeaux » ! Je suis un contemplatif.

Je ne me lasse jamais d’aller à la pêche parce qu’il y a toujours quelque chose à entendre ou à regarder.

Mon bonheur se résume parfois à la simple observation d’une empreinte de Blaireau dans la terre mouillée du bord du chemin.

Mais jamais, je ne rentre bredouille … d’émotion !

Quelquefois, la chance et le hasard m’offrent un bonheur un peu plus complet … et les années passant, les rencontres du bord de l’eau s’accumulent comme dans un album photos.

Je me souviens de l’ombre du survol d’un majestueux Aigle pêcheur dans des gorges reculées du centre de la France. Je me souviens avoir tressauté au passage d’un castor, ayant dû prendre mes jambes, immobiles depuis longtemps, pour deux branches mortes …

Je revois l’impressionnante couleuvre venir chasser sous mes cuissardes, les flèches bleues surnaturelles,  passages « éclairs »  des martins pêcheurs sous les voûtes feuillues.

J’aime regarder les hochements électriques et le va et vient incessant  de nos compagnes de pêche, les bergeronnettes. Elles m’impressionnent d’habileté et d’à propos : un insecte à l’aller et un insecte au retour …Qu’est ce qu’il y en a … des insectes !

Je ne me lasse pas d’observer les crochets droite-gauche d’une truite en plein repas de nymphes dérivantes … Je ne me lasse pas, non plus, d’assister à la « Thalasso » des sangliers se roulant dans la boue à la tombée du jour.

J’ai ,pour moi, ce face à face avec un chevreuil aboyant et qui, sans parler la même langue, m’a bien fait comprendre que je ne devais pas stationner à cet endroit de la rivière !

Même par les pires conditions de froid, de brouillard et de neige, je me surprends à grelotter en observant le manège et les acrobaties de l’Hermine qui s’affole au tout début de l’hiver!

Je ne compte pas le temps passé à regarder la vie grouillante et palpitante des bordures, des flaques. La transformation d’une larve plate en insecte ailé, cramponnée à son caillou,  m’émeut toujours avec la même force.

J’ai dans la tête des chants d’oiseaux encore non identifiés. J’ai en mémoire les odeurs suaves de la nature après l’orage. Commençant à prendre racines aux pieds d’un groupe de vieux saules blancs,  j’ai même, gravé en moi, le regard furtif et interrogateur d’un lynx.

La solitude et la patience ont du bon … elles multiplient les rencontres !

Mouches de pêche "De plumes et d'acier" Vipère

 

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